• Ces longyao peuvent mesurer de 60 à 100 mètres de long et posséder plusieurs chambres de cuisson, permettant l’enfournement de milliers de pièces en une seule fois.

     

    Ils sont particulièrement adaptés à certaines catégories de céramiques notamment les céladons de Longquan, qui exigent une cuisson rapide, et dont la large diffusion nécessite d’importantes capacités de production.

     

    Eu égard à leurs dimensions ils réclament quantité de bois et vont contribuer à une déforestation considérable, néanmoins ils restent en usage aujourd’hui.

     

    Les guan (), comme les ge (), sont des céramiques qui se caractérisent par un corps mince, contenant beaucoup de fer, une couverte blanche donnant une impression d'onctuosité, avec une couverte épaisse, pâle, d'un ton blanc ou beige.

     

    Les guan ou les ge présentent fréquemment un réseau de fines craquelures.

     

    Ce réseau de craquelures était obtenu par le potier en utilisant des coefficients de dilatation différents entre le corps et la couverte.

     

    On désigne sous le nom de porcelaine qingbai (blanc bleuâtre) (青白) ou yingqing (ombre verte)  (影青) les porcelaines d'un blanc teinté de bleu pâle qui étaient fabriquées dans le Sud de la Chine.

     


    8 commentaires
  • Le mode de cuisson :

     Les fours 

    Le four a pour fonction de chasser totalement l’eau des différents matériaux qui composent une céramique et de fondre ensemble les différentes composantes.

    Les types de fours, sous les Tang et les Song
    Les fours utilisés en Chine septentrionale sont appelés mantouyao c’est à dire (fours en forme de pain rond) en raison de leur chambre de cuisson en dôme, la chambre de cuisson est située partiellement sous le niveau du sol, entre le foyer enterré, et la cheminée.

    Un muret sépare la chambre de cuisson du foyer.

    Ce type de four dont les parois sont généralement en briques réfractaires, permet d’atteindre une température de 1350°C.

    Le contrôle de l’atmosphère réductrice ou oxydante est aisé, toutefois, les temps de chauffe et de refroidissement sont très longs en raison de la faible capacité de la chambre de combustion.

    Les mantouyao sont notamment en usage sous les Song, pour produire les céramiques de Yaozhou, de Ding, de Xing, de Jun, et de Ru.

    En Chine méridionale on trouve les longyao, littéralement les (fours dragon) apparus dès l’époque des Royaumes combattants.

    Ils revêtent la forme d’un tunnel sensé s’apparenter à la morphologie d’un dragon , très souvent construits à flanc de montagne, ils possèdent une grande chambre de cuisson légèrement montante favorisant le tirage, et qui s’achève par une cheminée, disposition particulièrement efficace pour obtenir de hautes températures.

    Les pièces sont posées sur la sole du four préalablement revêtue d’une couche de sable ou de quartz pilé et en épouse les dénivellations.

     Tout au long du tunnel, sont pratiquées des fenêtres d’alimentation qui permettent d’entretenir des foyers latéraux jouxtant la chambre de cuisson.

    Ces aménagements contribuent à atteindre rapidement des températures élevées, mais peuvent à l’inverse être convertis en vantaux d’aération pour les faire chuter.

    Toutefois ils présentent un inconvénient majeur, en effet la multiplication de ces ouvertures rend le contrôle de l’atmosphère oxydante ou réductrice difficilement contrôlable.

     


    10 commentaires
  • La pose du revêtement 

    La pose du revêtement est effectuée sur la pièce séchée et soigneusement brossée dans le but d’assurer une adhésion optimale.

    Le potier évite même tout contact avec les mains afin de ne déposer aucune particules susceptible d’occasionner un décollement durant la cuisson.

    Le revêtement peut être appliqué selon quatre techniques, par trempage, à l’aide d’une louche ou à l’aide d’un pinceau.

    Le quatrième moyen en usage pour les monochromes consiste à souffler le revêtement à l’aide d’un tube de bambou dont l’extrémité est munie d’une gaze.

    Pour le trempage on a recours à une pince qui laisse des marques dans la pâte qui devront être retouchées, l’application au pinceau donne généralement une surface irrégulière due aux empâtements. 
    Le séchage 

    La céramique doit sécher avant de passer au four, il s’agit d’en faire évacuer l’eau, celle-ci revêt alors l’aspect du cuir.

    Cette opération délicate nécessite un contrôle permanent car trop rapidement conduite elle peut entraîner un craquèlement à la cuisson.

    Il convient donc de faire sécher la pièce dans un local à l’hydrométrie élevée.

    En revanche, si la terre n’est pas suffisamment sèche lors du passage au four, la vapeur d’eau emprisonnée dans le corps provoquera l’éclatement de la pièce.

    En évacuant l’eau contenue à l’intérieur, la pièce, va rétrécir contribuant dans le four au rapprochement des particules de terre qui finiront par se fondre entre elles.


    14 commentaires
  • Le décor peint sur couverte
    La peinture des émaux nécessite l’emploi de nombreux ouvriers avec chacun une tâche précise depuis le délayage jusqu’à l’application du décor.

     

    Elle se déroule dans un atelier à part et gardé en raison du prix élevé des oxydes métalliques utilisés pour les pigments.

     

    La base des émaux constituée de glaçures plombifères ou plus rarement de quartz riche en silice colorée à l’aide de quatre oxydes principaux, l’oxyde de fer pour le rouge et le jaune, de l’oxyde de cuivre pour le vert, de l’oxyde de cobalt pour le bleu et de l’oxyde de manganèse pour l’aubergine.

     

    Contrairement aux décors sous couverte, appliqués sur un corps poreux, les émaux sont posés sur une couverte lisse, cette technique plus aisée permet à l’artisan de modifier à sa guise le dessin de l’esquisse, l’assemblage des éléments formant le sujet, et les éventuelles retouches des couleurs.

     

    Ces émaux cuits à 800°C, température beaucoup moins élevée que les couleurs sous couverte les rendent éminemment fragiles. 

     


    8 commentaires
  • Le bleu de cobalt est principalement une couleur d’importation qui arrive d’Iran sous la forme de briquettes par la Route de la soie.

    Son emploi sous couverte reste très exceptionnel sous les Tang et ne se répandra réellement qu’à partir des Yuan, un succès qui ne fera que se renforcer sous les Ming, il est l’un des rares pigments qui résiste aux hautes températures, pour être utilisé, il doit être broyé, réduit en poudre fine puis délayé avec du thé.

    Il est ensuite appliqué au pinceau sur le kaolin cru, une phase délicate du fait de la porosité du corps qui absorbe immédiatement le pigment et n’autorise aucun repentir, cette technique n’est pas sans rappeler les lavis d’encres, qui exigent une grande dextérité dans l’exécution.

    Les retours du pinceau sont à éviter car ils forment des surcharges qui éclateront à la cuisson, occasionnant des taches noirâtres en surface.

    Le vert de cuivre et le rouge de cuivre procèdent d’une technique semblable au bleu de cobalt, le vert de cuivre est cuit en oxydation alors que le rouge est cuit en réduction.

    Dans ce dernier cas l’oxyde de cuivre devient très volatile et le rouge vire fréquemment au gris ce qui constitue une difficulté majeure de ce groupe.

     


    11 commentaires
  • Le décor en impression
    Le décor est souvent moulé à l’intérieur des plats et des bols, pour ce faire après avoir monté la pièce au tour et l’avoir laissé sécher, on aura recours à deux techniques.

    L’objet peut être comprimé sur un moule portant un décor en creux ou en relief.

    Pour réaliser cette opération, on utilisera un tour lancé à grande vitesse, tout en prenant soin d’employer un moule suffisamment poreux de façon à ce que l’argile humide soit absorbée légèrement et révèle tous les détails.

     Cependant afin de pouvoir décoller l’œuvre sans dommages on devra veiller à ce que le moule ne soit pas trop poreux.

    Le décor moulé rapporté
    Sur de nombreux vases, verseuses et bouteilles figurent des ornementations qui ont été rapportées après le façonnage de la forme générale de la pièce, celles-ci ont été préalablement moulées, puis collées à la barbotine après séchage.

    Le décor peint sous couverte

    Les potiers fabriquent eux-mêmes les pinceaux qui leur serviront à poser les pigments, ils utilisent des poils de blaireaux, de chat, de cerf ou de chien.

    Les pinceaux longs et effilés servent à tracer les contours, et les pinceaux plus épais, les lavis.

    Les pigments en usage dans l’Antiquité pour les décors sous couverte dérivent principalement du brun de fer, jusqu’à l’introduction du bleu de cobalt, du vert de cuivre et du rouge de cuivre.

     


    12 commentaires
  • Le moulage
    De nombreuses statuettes sont moulées, relevant essentiellement de l’iconographie religieuse, produite dans les fours de Dehua dans la province méridionale du Fujian, connue en Occident sous le nom de blanc de Chine.

    Chaque partie est en général exécutée dans un moule bivalve, assemblée puis lissée à la barbotine.

    Le moulage concerne également certaines aiguières aux morphologies complexes, de section hexagonales ou asymétriques.

     La pose du décor 

    A l’instar des étapes conduisant à l’élaboration de la forme, la décoration d’une pièce résulte du travail de mains différentes.

    Par exemple pour le motif peint au bleu de cobalt, un spécialiste est chargé des filets, un autre des contours, un troisième des lavis, le dernier calligraphie les inscriptions.

    Ainsi chaque élément du décor, dans une composition est le fait d’une main différente spécialisée.

    La marge d’interprétation reste très limitée dans la mesure où le travail doit être parfaitement intégré, un maître d’œuvre veillant à l’harmonie générale.

    Le décor incisé
    Cette technique appliquée à cru est exécutée sur une argile sèche, mais encore malléable, à l’aide d’outils en bambou coupants aux deux extrémités.

    Ces décors peuvent être profonds, tel est le cas des céladons song de Yaozhou ou subtils dits anhua, une innovation apparaissant sur les monochromes Ming.

    Les artisans utilisent également des peignes afin de renforcer l’effet produit par les incisions, pratique en usage courant à partir des Song.

     


    14 commentaires
  • La glaçure est une matière vitreuse qui enrobe la poterie et la rend imperméable, les glaçures chinoises sont obtenues par un mélange de silice et de plomb, mélange dans lequel le plomb se comporte comme un fondant.

    La glaçure peut être colorée avec des oxydes métalliques.

    Les principaux oxydes métalliques utilisés dans les glaçures sont l'oxyde de cuivre, qui donne une couleur verte, bleu turquoise, ou même rouge, selon les conditions de cuisson, l'oxyde de cobalt, qui donne un bleu plus ou moins vif, l'oxyde de fer, qui donne du rouge, d'autres couleurs sont obtenues grâce à l'or (rose), au titane (jaune), au manganèse (violet).

    Deux sortes de glaçures peuvent être distinguées suivant la nature du fondant qu’elles utilisent : les glaçures plombifères, les plus courantes en Chine, et les glaçures alcalines.

    Les premières résultant d’un fondant à base de plomb sont largement utilisées pour la réalisation des terres cuites funéraires des périodes Han (206 av. à 220 de notre ère) et Tang (618-907).

    Les glaçures sont généralement employées sur les terres cuites et ne supportent que des températures de cuisson relativement basses, aux alentours de 900°C.

     


    11 commentaires
  • Les couvertes constituent en général un revêtement vitrifié appliqué sur le corps, utilisées pour les grès et les porcelaines, elles sont composées des mêmes éléments que le corps, mais avec une proportion de fondant supérieure afin d’abaisser leur point de fusion.

    Elles sont riches en minéraux propices à la vitrification, comme le quartz chargé en silice ou le feldspath en alumine.

    Ces couvertes peuvent être teintes à l’aide d’oxydes métalliques tels que le fer, le cuivre, le cobalt, le manganèse.
    La classification des couvertes dépend du type de fondant qu’elles contiennent.

    Certaines comportent une forte proportion de chaux (15 à 17%), tels que les céladons de Yue, produits dans la province du Zhejiang, ou les protoporcelaines de Xing originaire du Hebei.

    D’autres utilisent de la potasse en plus de la chaux, suivant une proportion allant de 6 à 12% de chaux et de 3 à 6% de potasse.

    Ces fondants plus efficaces permettent aux couvertes d’atteindre leur maturité de cuisson aux alentours de 1200-1250°C.

    Il en résulte un revêtement assez opacifié, généralement épais et onctueux.

    Le dernier type de couverte en usage le plus pur est appliqué sur les porcelaines.

    Essentiellement composé de petuntse, il contient une forte proportion de chaux de 8 à 10% tenant lieu de fondant, qui lui confère une transparence totale à forte température.

     


    11 commentaires
  • Le deuxième artisan doit calibrer les œuvres qu’il reçoit de son prédécesseur afin de les intégrer dans une série homogène.

    Son tour plus rapide nécessite l’intervention d’une seconde personne chargée de la rotation de la roue actionnée à l’aide d’une corde enroulée sur une poulie à plusieurs gorges.

    Le troisième potier s’applique à façonner séparément le pied, pour cette phase, le tournage est effectué sur un appareil identique à celui de la première étape, l’objet est mis à sécher.

    Bientôt le corps revêt la consistance du cuir, la finition peut intervenir après le ressuage, elle se concentre d’abord sur la base destinée à recevoir le pied.

    Le potier (tournasse) ensuite la pièce entière, ce terme de (tournassage) est en principe réservé à la rectification, par grattage circulaire, on utilise pour cela une lame tranchante fixée à un petit manche, le tournassin.

    C’est avec cet outil que l’on aplatit la base sur laquelle sera fixé le pied au moyen d’argile délayée ou barbotine, la jonction est ensuite lissée avec une éponge.

    C’est avec ce même procédé que l’on réalise les ouvrages aux formes complexes et volumineuses, dont les parties rapportées sont réalisées séparément et fixées à la barbotine.

     


    15 commentaires