• Le premier stade consiste à créer une forme concave qui évoque celle d’un bol.

    Ce bol est ensuite graduellement monté en forme de cône, constituant la morphologie de base de toute pièce.

    Ainsi, pour obtenir un vase, il lui suffit de tirer cette forme initiale en hauteur en prenant soin d’amincir les parois, en fonction du modèle, il en évasera ou rétrécira l’ouverture.

    Quand il s’agit d’un plat il se contentera d’écraser le bol et d’étirer les parois horizontalement, afin de calibrer son travail, il aura recours à une estèque.

    Il en vient ensuite au façonnage de la lèvre en appuyant avec un doigt sur le rebord tout en lissant de l’autre main la paroi opposée.

    Pour les vases à long col étroit ne permettant pas le passage de la main, il à recours à l’usage d’un bâton au bout duquel est enveloppée une boule de tissu et qu’il introduit à l’intérieur de l’objet.

    Pour décoller l’objet du tour, il lui suffit de passer un fil au-dessous, cependant, dans certains cas, pour éviter les déformations, notamment quand il s’agit des grandes pièces, l’œuvre est façonnée directement sur un plateau fixé sur le tour.

    En ce qui concerne certaines formes élaborées, comme les cannelures et les festons, le travail est effectué à l’issue du montage alors que la pièce est encore humide à l’aide des doigts mouillés.

    A chacune des étapes correspond un tour spécifique.

    Ainsi, le premier intervenant chargé de donner la forme générale de la pièce utilise une roue dentelée posée très bas, qui tourne sur un mandrin devant laquelle il est assis les deux pieds posés sur deux lattes de bois obliques permettant d’entraîner le mouvement d’un coup de pied.

     


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  • Le savoir faire chinois :

    Le matériau

    La Chine possède en abondance deux matériaux aux qualités exceptionnelles, la terre de loess, matière première de sa céramique utilitaire commune depuis le néolithique.

    C’est aussi la matière des briques réfractaires qui permettront ensuite de réaliser des fours cuisant à haute température.

    La Chine possède aussi en abondance le kaolin, matière première de la porcelaine. 

    Le tournage

     Après avoir découpé la quantité d’argile nécessaire, le potier en fait une balle, il la place au centre du tour alors en marche, afin de répartir la masse de manière équilibrée.

    C’est alors que le tournage commence, il lui faut veiller à garder les mains mouillées durant toute la durée de l’opération pour procéder à l’élévation régulière de la forme et conserver aux parois une épaisseur égale tout au long du façonnage.

    Cependant il prendra soin de réserver suffisamment de matière dans la partie supérieure pour pouvoir procéder au montage.


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  • Couleurs de grand feu, désigne les couleurs à base d’oxydes métalliques (bleu de cobalt, violet de manganèse, jaune d’antimoine, vert de cuivre, rouge de fer) cuite en même temps que l’émail aux environs de 1000 ° en une seul cuisson.

     

    Email stannifère, enduit à base d’oxyde de plomb et de silice, avec du sel d’étain qui le rend blanc et opaque.

     

    Faïence fine,  céramique à pâte blanche opaque composée d’argile plastique, silex, quartz broyé revêtue d’un vernis transparent plombifère.

     

    Lustre métallique, couche très fine à base de cuivre et d’argent, donnant des reflets dorés ou argentés après cuisson.

     

    On peint sur son ébauche les motifs avec un colorant à base de cobalt que l’on recouvre ensuite d’un épais verni translucide avant la cuisson à une température de 1300 degrés.

     

    Sobre et élégant, ce genre de décor en bleu peut convenir aussi bien aux pièces fines d’ornement qu’aux poteries d’usage courant.

     

    À l'époque de l'empereur Kangxi (1661 - 1722), au début de la dynastie des Qing, le bleu de cobalt fut de mieux en mieux raffiné pour en éliminer les impuretés constituées de manganèse, il atteignit dès lors le summum de sa qualité, qu'on a qualifié de (bleu saphir), d'une parfaite limpidité, le recours à diverses nuances de bleu renforça encore la délicatesse de ces pièces.

     

    Les formes furent multiples, potiches, ensemble de cinq pièces, bols, plats richement décorés, assiettes, théières et tasses, vases gobelets, longs et élancés, accessoires de lettré, tels que des porte pinceaux.

     

    Les vases de cette époque portaient des décors variés, motifs floraux, ainsi que des scènes tirées de romans célèbres, paysages fameux, oiseaux sur des branches fleuries, décors à fleurs d'aubépine.

     


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  • La dynastie Qing 清朝 1644-1911, la dynastie mandchou 滿 

     

    L’invention de la porcelaine ne se fit que grâce à de riches expériences technologiques accumulées au cours de la fabrication plusieurs fois millénaire des céramiques.

     

    Pendant la dynastie Qing (1644-1911), la technique de la porcelaine s’enrichit encore avec l’innovation des cinq couleurs dans laquelle les pigments étaient appliqués avant le vernissage sur des motifs de fleurs, de paysages et de scènes de vie.

     

    Ces porcelaines colorées étaient les plus appréciées en Occident, et encore aujourd’hui, dans la plupart des grands musées européens, on peut trouver au moins une porcelaine à cinq couleurs ou monochromatique (bleu, rouge, jaune ou rose) de cette époque.
    La qualité de la porcelaine chinoise commença à décliner à la fin de la dynastie Qing, prouvant encore une fois le rôle néfaste de l’instabilité politique sur les arts.

     

    A l’heure actuelle cependant, la production nationale de porcelaine connaît une renaissance comme partie intégrante de la culture chinoise, de plus en plus reconnue en Chine comme à l’étranger.

     

    Les nouvelles porcelaines sont quelque fois interprétées de manière moderne, mais il faut aussi noter la réouverture de nombreux fours artisanaux qui reproduisent un style plus traditionnel.

     


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  • Les innovations sous les Ming

    Tout au long de la dynastie des Ming (1368-1644) est employé à Jingdezhen le four en forme de gourde ou (guayao) dont la chambre de cuisson spacieuse et haute en partie frontale se rétrécit et s’abaisse à l’arrière.

    Ce four permet de cuire les porcelaines à 1300°C, cette opération n’excède pas 48 heures.

    A la fin du XVIe siècle, apparaît le jidanyao ou (four en forme d’œuf) une invention autorisant un meilleur contrôle des températures ainsi qu’une cuisson plus rapide et plus régulière favorisée par la construction d’une haute cheminée qui augmente le tirage et réduit le temps de cuisson à trente-six heures entraînant une consommation moindre de combustible.

    Leur rendement est optimisé par une meilleure étanchéité obtenue grâce à une paroi isolatrice composée de sable, de cendre et de paille mêlée.

    Comme pour les fours plus anciens, sur la sole, est posée une couche de sable épaisse et la chambre de cuisson est séparée du foyer par un muret. Son alimentation a lieu par des ouvertures percées dans la porte.

    Quant à la chambre de cuisson, elle comporte des fenêtres permettant de surveiller le déroulement des opérations.

    D’autre part, sur le dôme des trous sont pratiqué, ils peuvent être ouverts ou fermés pour contrôler l’entrée de l’oxygène nécessaire à la cuisson en réduction.


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  • On les appela céladons primitifs qui diffèrent des céramiques ordinaires essentiellement par les matières premières et le procédé de cuisson, ils  étaient fait d’une argile minérale blanche des alentours du village de kaolin, dans le district de Fuliang, province du Jiangxi.

     

    Fine et pure, cette argile est celle qui se prête le mieux à la fabrication de la porcelaine, d’où son nom (Kaolin).

     

    La température de cuisson, beaucoup plus élevée que pour les céramiques, dépasse 1200 degrés.

     

    Pétunsé (variété de feldspath) qui à la cuisson prend une couleur bleu, c’est elle qui fait aussi la différence entre une porcelaine et une céramique.

     

    A en juger par la dureté, le lissage et le lustrage, leur qualité accuse une nette amélioration par rapport à celle des produits des périodes précédentes.

     

    Mais, au début de la dynastie des Ming, on découvrit du cobalt en Chine, il était un peu différent du cobalt persan, car le cobalt chinois contient un peu de manganèse, et donne en conséquence un bleu un peu moins pur, les potiers chinois mélangeaient-ils le cobalt chinois avec du cobalt importé.

     

    La proportion exacte de cobalt d'origine chinoise a permis de dater de façon assez précise les pièces d'époque Ming.

     

    La variété des différents styles de céramiques devint considérable, doucai (couleurs liées), susancai (trois couleurs unies), wucai (cinq couleurs), que nous connaissons comme étant la (famille verte硬彩), ruancai (couleurs douces), comprenant le falangcai (couleurs émaillées), le fencai (couleurs poudreuses), le yangcai (couleurs occidentales), que nous connaissons sous le nom de (famille rose), et aussi les glaçures monochromes, (sang de bœuf), jaune impérial, (rouge occidental).

     

    La (famille verte), se distingue en particulier des wucai de l'époque Ming par la disparition du bleu turquoise, et l'apparition d'un émail bleu proche de la lavande.

     

    On trouve aussi le rouge tiré du fer, le violet tiré du manganèse, le jaune tiré du titane, et une très riche palette de verts, comprenant jusqu'à huit nuances différentes.

     


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  • La dynastie Ming 明朝  1368 à 1644

     

    Les potiers de la dynastie Ming (1368-1644) qui suivit cette invention en perfectionnèrent la technique et c’est ainsi que la porcelaine bleue et blanche en vint à symboliser le talent du potier chinois.

     

    Jingedezhen, dans la province du Jiangxi, devint le centre de la production nationale de porcelaine et produisit de vastes quantités de porcelaines impériales ainsi que des produits destinés à l’exportation qui allèrent jusqu’en Turquie (Constantinople), par la route de la soie.

     

    Même si les motifs décoratifs et les formes se modifièrent avec chaque empereur qui se succédait au trône de la dynastie Ming, la qualité des porcelaines bleues et blanches de cette époque est indéniablement supérieure à toute autre.

     

    La finesse de la matière première, le contrôle judicieux de la température de cuisson, la riche gamme de couleurs, l’habileté technique ainsi que les diverses influences venant de la société lui permirent de s’orienter vers la voie de la diversité des formes, du raffinement des couleurs et de la magnificence des motifs.

     

    Outre de très belles figures géométriques, beaucoup de porcelaines des Ming étaient décorées de motifs de paysages, de fleurs, d’oiseaux et même de personnages.

     


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  • La dynastie Yuan 元朝  1279 à 1368, ou la dynastie mongole  

    La porcelaine bleue et blanche fut d’abord produite pour la première fois sous la dynastie Yuan (1279-1368).

    Cuite à des températures très hautes, cette porcelaine se caractérise par la pureté de l’argile blanche ou kaolin qui la compose.

    Sous la dynastie des Yuan de (1271 à 1368), les procédés de fabrication continuèrent à se perfectionner et une grande variété de poteries de valeur apparut.

    La dynastie mongole des Yuan, héritière de Gengis Khan, régna sur la Chine de 1271 à 1368.

    Malgré le sort extrêmement dur qu'elle réserva aux populations chinoises, elle sut encourager un certain épanouissement artistique, et promouvoir les échanges économiques et les échanges d'idées, parmi une cour cosmopolite.

    Les Yuan produisirent un grand nombre de pièces, qui présentent de nouveaux motifs souvent empruntés à la nature, comme les cerfs, les poissons, les rhinocéros, les gravures se simplifient.

    Les céladons longquan, d'une couleur souvent plus claire, continuent à être produits comme du temps des Song, ces céladons longquan atteignent sous les Yuan de grandes dimensions, puisque certains plats atteignent 70 centimètres de diamètre.

    La production de céladons longquan du temps des Yuan se caractérise par la nouvelle technique d'utilisation de motifs moulés, que l'on applique sur la pièce, dragons, fruits, poissons font partie des motifs les plus fréquents.

    Sous l'influence de la peinture, des décors apparaissent sur ces vases, qui s'inspirent de la nature, avec des fleurs en tous genres et des animaux réels ou mythiques, tels que dragons et phénix.

    Bien souvent, ces vases bleu et blanc prendront des formes octogonales, soit au niveau du corps du vase lui-même, soit au niveau de son couvercle ou de sa base, que l'on ne retrouve pas dans la production des dynasties précédentes ou postérieures.

    La Dynastie Yuan, avec l’immense empire mongol, favorise les échanges commerciaux et culturels sur les immenses territoires qu’il contrôlent plus ou moins directement, de l’Asie Centrale au Moyen-Orient, et jusqu’en Asie Orientale et Extrême-Orientale.

     


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  • À la différence du monde coloré et cosmopolite des Tang, les Song prisaient fort les classiques de la pensée confucéenne, et les nobles principes,  sur le plan artistique, ils privilégiaient une esthétique sobre et raffinée.

     

    Les innovations techniques furent nombreuses pendant la dynastie des Song, les grands fours du nord commencèrent à utiliser le charbon à la place du bois, à Jingdezhen on développa des fours plus élaborés, qui pouvaient atteindre une température de 1300°C, on commença à utiliser le huo zhao, épreuve de cuisson, qui faisait appel à un échantillon dont on pouvait surveiller la cuisson de l'extérieur.

     

    Le céladon () désigne un grès porcelaineux, cuit en réduction à haute température, avec une couverte très vitrifiée et, dans le cas des céladons du nord, d'une couleur brun vert caractéristique, due à l'oxydation lors du refroidissement du four.

     

    Les ding (定瓷) sont des porcelaines blanches exécutées sous les Song, présentant souvent une fine bordure sombre, de belle allure, même si, à la différence des Guan, par exemple, ce n'étaient pas en principe des pièces officielles utilisées par la Cour impériale.

     

    Céramique Ru 

     

    Les céramiques à couverte Ru ( ) furent produites pour la Cour impériale à partir de 1107, cette production ne dura que vingt ans, jusqu'en 1127, ce sont des céladons de très grande qualité, sans aucun décor, d'une couleur très particulière, puisqu'ils sont d'un bleu très pâle, que les amateurs chinois qualifient de bleu ciel après la pluie.

     


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  • Les céladons song sont souvent ornés de dessins gravés, ou de motifs incisés ou en relief réalisés à l’aide d’un couteau de bambou.

    Le dessous de ces pièces est également couvert de glaçure à l’exception d’un cercle ou d’un anneau dépourvu de couverte, et dont la pâte a pris une teinte rouge de rouille à cause de la présence de fer dans du kaolin impur, cela est un des signes prouvant l’authenticité de ces pièces.

    Auparavant, les motifs étaient gravés, ciselés, ou imprimés au tampon sur l’ébauche avant le séchage et le vernissage, tandis qu’à partir des Song, on commença à appliquer de la couleur sur le vernis pour obtenir soit des motifs en traits noirs sur un fond blanc, soit des décorations rouges et vertes.

    L’introduction des techniques de la peinture dans la décoration des porcelaines permit à la l’art porcelainier d’accéder à une période toute nouvelle.

    En général elles sont ornées d’élégants motifs qui évoquent la vie, les pivoines qui reviennent chaque printemps, ou le bambou qui plie au vent, et de simples scènes de la vie quotidienne, le tout tracé au brun de fer sur un fond blanc de barbotine, et d’un trait de pinceau vif, sans repentir possible qui rappelle le travail de l’encre.

    La céramique jun (鈞窯), ou (glaçure flambée), est un autre style de porcelaine utilisée à la cour des Song du nord.

    Il se caractérise par un corps plus épais que les céramiques ding ou ru, les jun ont une couverte vitrifiée avec des reflets lavande ou pourpre, si épaisse et visqueuse d'aspect qu'elle produit l'impression de n'être pas encore figée.

    Les premiers fours jun virent le jour sous les Tang, sous les Song à une innovation technique, au lieu d'utiliser l'oxyde de fer pour obtenir des glaçures rouges, comme on le faisait depuis deux mille ans, on utilisa pour la première fois de l'oxyde de cuivre.

    En raison du faible contenu en aluminium, les glaçures flambées de ce type ont une forte tendance à couler, l'utilisation de cendres de paille dans la couverte lui donne ses reflets, dont la couleur peut varier du bleu ciel au bleu grisâtre et au pourpre, en passant par le bleu lavande.

     


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